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Le sexisme ordinaire au travail - le guide 2024. Une équipe en réunion

Sexisme ordinaire au travail : le guide 2024

    Le sexisme ordinaire au travail est une forme de sexisme banalisée, dissimulée et qui apparait comme “normale”. Il est nécessaire de lutter contre car elle est le terreau de nombreuses violences sexistes. Le sexisme ordinaire au travail, plus particulièrement, se cache derrière des pratiques “bienveillantes”, un “humour d’entreprise” ou encore une répartition genrée des tâches. Découvre le guide 2024 pour tout comprendre au sexisme ordinaire au travail !

    Le sexisme ordinaire au travail, c’est quoi ?

    Le sexisme

    Le sexisme est un système de pensée qui présuppose une hiérarchie des genres dans la société, au bénéfice du genre masculin.

    Il nourrit les actions et les comportements quotidiens de chacun·e, qui maintiennent une domination des hommes à toutes les sphères de la société.

    Ce sont donc des pensées, des mécanismes ancrés, qui influencent nos comportements. Alors oui si on pense à des comportements sexistes ca va être siffler une femme dans la rue, faire une blague sur le fait qu’elles conduisent mal, proposer des salaires plus bas aux femmes ou encore les agressions sexuelles…

    Ces comportements appartiennent aux violences de genre, qui maintiennent une domination masculine dans toutes les sphères sociales.

    On peut aussi avoir des comportements ou des propos sexistes qui n’ont pas l’air violents, ni méchants, on a l’habitude de les voir et ils ne nous choquent pas. C’est le cas du sexisme ordinaire.

    Le sexisme ordinaire

    Le sexisme ordinaire a pour particularité d’avoir l’air anodin, commun, même familier. Ce sont des propos, des blagues, des remarques, qui infériorisent le féminin, tout en ayant l’air dénués de malveillance.
    Le fait qu’il soit “ordinaire”, le rend plus difficile à détecter. C’est un sexisme qui est véhiculé pas toustes, qui peut aussi être intériorisé par les personnes elles-mêmes victimes de sexisme.

    Le sexisme ordinaire exemples :

    Sexisme ordinaire exemple 1

    Un exemple de sexisme ordinaire dans la vie quotidienne, c’est le “double standard”. C’est le fait de réagir différemment à un même comportement, selon qu’il est tenu par un homme ou par une femme. Par exemple, un homme en colère va être vu comme “ne se laissant pas marcher sur les pieds” ou “ayant de l’autorité”. Tandis qu’une femme en colère sera qualifiée d'”hystérique” ou “ne sachant pas gérer ses émotions”.

    Sexisme ordinaire exemple 2

    Un autre exemple très répandu de sexisme ordinaire, c’est le fait de genrer les qualités ou les défauts des personnes. Comme si la personnalité de quelqu’un était entièrement liée à son genre.

    Il se manifeste en direction des enfants : lors d’une réunion de famille, on va proposer aux petites filles d’aider en cuisine ou de décorer la table tandis qu’on invitera les petits garçons à aider à allumer la cheminée ou à aller jouer au foot dans le jardin en attendant que le repas soit près.

    Il se manifeste également en direction des adultes, c’est le fait de systématiquement chercher un homme pour resserrer un robinet ou utiliser une perceuse. C’est également le fait de s’annoncer comme incompétent en raison de son genre : un homme qui dirait “je suis nul pour changer les couches, je te laisse faire”.

    Sexisme ordinaire exemple 3

    Enfin, le sexisme ordinaire se manifeste dans la publicité et dans les produits de consommation de tous les jours. On peut citer la taxe rose qui consiste à vendre plus cher un produit identique en direction des femmes (par exemple un rasoir rose et plus cher qu’un rasoir bleu.

    C’est également le sexisme au quotidien dans la publicité : la sexualisation des femmes ou tout simplement l’utilisation du corps d’une femme pour faire vendre un produit. Ou encore le fait de proposer très largement des aspirateurs ou des machines à laver comme cadeaux à l’occasion de la fête des mères. Cela renforce les rôles sociaux de genre selon lesquels les femmes appartiennent au champs des tâches domestiques.

    Le sexisme ordinaire au travail

    Le sexisme ordinaire au travail est un prolongement du sexisme ordinaire au quotidien. Parce qu’il a lieu dans un environnement professionnel, il peut avoir un impact direct sur le bien être au travail, sur l’évolution professionnelle des personnes et même sur leur salaire. En même temps, le fait qu’il ai lieu dans l’environnement professionnel, fait qu’il se manifeste à l’intérieur d’un cadre. Comme ce cadre peut être précisé, adapté et rappelé, cela donne des éléments concrets pour lutter contre le sexisme ordinaire.

    Le sexisme ordinaire au travail exemples

    Les sexisme ordinaire au travail, ce sont toutes les différences de traitement en fonction du genre, elles peuvent être liées aux compétences, aux postes, aux tâches. C’est également qui fait les cafés? Qui prend la parole en réunion ? Qui conduit en cas de déplacement ?

    Sexisme ordinaire au travail exemple 1

    Au travail, le sexisme ordinaire s’observe par exemple lors de moments de détente. Autour de la machine à café, les collaborateur·ice vont faire des “blagues”. Sur la grossesse, sur les femmes et leur capacité à conduire, ou encore sur la directrice et la façon dont elle est habillée. Ces blagues ne sont pas drôle, elles contribuent à instaurer un environnement de travail hostile et ou humiliant pour les minorités de genre.

    Sexisme ordinaire au travail exemple 2

    Dans l’environnement professionnel, le sexisme ordinaire se manifeste aussi par la position qu’occupent les hommes et les femmes, notamment les métiers occupé·es et leur place dans la hiérarchie.

    Dans notre société, on associe des qualité, des compétences au genre de la personne. Ce sont les stéréotypes de genre. Le problème c’est que ce ne sont pas que des clichés. La société nous pousse à nous conformer à ces normes de genre et les rend réelles.

    Un exemple très concret : des métiers tels que aide soignante ou secrétaire, sont féminisés à plus de 90%. Les métiers ouvriers du BTP ne comptent que 1,5% de femmes.

    Sexisme ordinaire au travail exemple 3

    Les réunions sont des espaces de manifestation du sexisme ordinaire. La liste est longue : ca peut être le fait le couper la parole d’une femme, s’approprier ses idées sans la citer.

    Saviez-vous que 75% du temps de parole en réunion est capté par les hommes?

    Cela a un impact important sur la confiance en elles des femmes (et celle des hommes qui s’en voit artificiellement gonflée), mais également sur leur investissement et leur motivation au travail.

    Enfin, ces comportements, plus ils sont banalisés, plus ils favorisent le développement de plusieurs formes de violences sexistes au sein de l’entreprise.

    Le sexisme ordinaire au travail et le risque de banalisation

    Il est nécessaire de lutter contre le sexisme ordinaire. Celui-ci constitue un premier niveau de violences. S’il est autorisé, si les sexistes ordinaires se sentent impunis, cela ouvre la voix vers des violences toujours plus grave.

    En effet, si les blagues sur l’incompétence des femmes sont légion, il parait entendable qu’elles soient moins rémunérées. Si elles sont vu comme moins compétente, une promotion sera plus questionnée que celle d’un homme, amenant potentiellement à des remarques sexualisante, questionnant son accession à ce poste à responsabilité. Vu comme moins compétentes, moins performantes et sexualisées, les collaboratrices sont infériorisées. Ainsi, en cas d’agression sexuelle, comment garantir qu’elles soient écoutées, protégées et les coupables sanctionnés? Tout le terreau propice à légitimer les violences sexistes a déjà été posé.

    Attention, le sexisme ordinaire se déguise parfois en sexisme bienveillant : découvrez notre article sur le sujet.

    Le sexisme ordinaire au travail : comment lutter contre ?

    En tant qu’employeur, vous avez la responsabilité de prévenir, prendre en charge et sanctionner les comportements de violence sexistes et sexuelles.

    Lutter contre le sexisme ordinaire au travail, c’est donc commencer par sensibiliser et former ses équipes.
    C’est également avoir de l’affichage, pour rappeller aux équipes le cadre, de façon régulière. L’enjeu est d’adopter un langage commun entre les collaborateur·ces, pour que personne ne puisse dire “tu es trop sensible” ou “je ne savais pas que c’était sexiste”.

    Enfin, il est nécessaire de savoir prendre en charge les violences sexistes et sexuelles. Signalement, enquête, comment accueillir la parole de la victime, quel traitement pour les accusés? Autant de questions qu’il vaut mieux se poser avant d’être confrontés à ces situations.

    Pour répondre à toutes ces questions et vous sentir outillé·es, découvrez les prochaines dates de formation à la lutte contre le VSS.

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