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Le sexisme au travail. Une femme travaille avec son ordinateur sur son bureau blanc.

Sexisme au travail – Le Guide 2026

    De plus en plus de professionnel·les prennent conscience de l’ampleur et des consĂ©quences du sexisme au travail. Le problème c’est que l’information est très Ă©parse et difficile d’accès. Pour faire face Ă  ce constat, j’ai dĂ©cidĂ© de vous proposer un guide sur le sexisme au travail qui recense toutes les informations importantes Ă  savoir.

    Causes, rĂ©alitĂ©s, cadre lĂ©gal, consĂ©quences, statistiques, comment y faire face, comment le prĂ©venir… Tu y trouveras tout ce que tu recherches sur le sexisme au travail.

    Le sexisme au travail, c’est quoi ?

    Le sexisme qu’est ce que c’est ?

    Le sexisme est une forme d’organisation sociale hiĂ©rarchisĂ© au bĂ©nĂ©fice du masculin. Il se traduit par la division de l’humanitĂ© en deux pĂ´les, le masculin et le fĂ©minin auxquels des caractĂ©ristiques sont associĂ©es. Par exemple, on associe traditionnellement au masculin la puissance, la prise d’initiative ou les cheveux courts alors que pour le fĂ©minin, c’est plutĂ´t le soin, les robes et la passivitĂ©. Les consĂ©quences du sexisme sont observables Ă  tous les niveaux : famille, espace public, relations interpersonnelles, rĂ©partition des tâches, etc. Le travail ne fait bien Ă©videmment pas exception.

    Quelle est la particularitĂ© du sexisme au travail ?

    Le sexisme au travail est particulièrement nĂ©faste car le monde professionnelle a un rĂ´le majeur dans notre sociĂ©tĂ©. Il permet de dĂ©terminer l’accès aux biens et aux services de chacun·e par l’intermĂ©diaire de la rĂ©munĂ©ration. Le sexisme au travail a donc pour effet de crĂ©er des inĂ©galitĂ©s d’accès aux biens et services. Il est donc d’autant plus important de lutter contre cette forme de sexisme.

    Quelles formes peut prendre le sexisme au travail ?

    On peut recenser deux formes distinctes de sexisme au travail selon les Ă©tudes de Peter Glick et Susan Fiske :

    Le sexisme hostile

    Le sexisme hostile, ce sont toutes les formes directes de violences exercĂ©es envers les minoritĂ©s de genre. C’est ce qui est le plus communĂ©ment admis comme du sexisme car il y a des intentions nĂ©gatives derrière ces violences. C’est, par exemple, une personne qui va expliquer que les femmes sont moins compĂ©tentes. Ou encore qu’en tant que femme, une personne doit rester au foyer et s’occuper de son mari plutĂ´t que de travailler.

    Blague sexiste au travail. Scénette en bande dessinée, illustrant une blague sexiste à la machine à café.

    Le sexisme bienveillant

    Le sexisme bienveillant, lui, repose plutĂ´t sur la volontĂ© de protĂ©ger les femmes de certains “danger” ou de leur apporter de l’aide non sollicitĂ©e. Il se base sur des idĂ©es comme “il faut traiter les femmes comme des princesses” ou encore que “les vrais hommes doivent aimer les femmes et les protĂ©ger” voire que “les hommes ont besoin des femmes et les femmes ont besoin des hommes”. Une approche paternaliste qui n’est pas moins problĂ©matique. En effet, certaines Ă©tudes dĂ©montrent mĂŞmes que les consĂ©quences du sexisme bienveillant sur les rĂ©sultats de femmes qui y sont soumises sont plus mauvais que celles qui sont soumises a un sexisme hostile (Dumont, M., Sarlet, M., B., Dardenne, 2010).

    Une situation de sexisme bienveillant exemple : un homme arrache des mains de sa collègue le colis qu'elle porte. il justifie cela par le "respect" car c'est une femme.

    Si ça t’intĂ©resse, nous avons fait un article qui dĂ©taille des exemples de sexisme bienveillant et des moyens pour y faire face.

    Ces deux formes de sexisme découlent de stéréotypes de genres ancrés et participent à les diffuser. Elles sont donc complémentaires et entremêlées.

    Il faut Ă©galement avoir en tĂŞte que le plus souvent le sexisme n’est pas caractĂ©risĂ© par des actes très violents comme des agressions ou des injures. Il n’est donc pas forcĂ©ment perçu comme problĂ©matique. Dans la plupart des cas, il accompagne simplement l’ambiance des espaces professionnels Ă  travers des blagues, des rĂ©flexions, ou des comportements diffĂ©renciĂ©es envers ses collègues masculins et fĂ©minins. On parle de sexisme ordinaire.

    Les causes du sexisme au travail

    La socialisation de genre et les rĂ´les sociaux

    MĂŞme si beaucoup considèrent que le sexisme est une affaire de mauvais comportements de quelques-uns, le consensus scientifique est clair sur le sujet. Les origines du sexisme se retrouvent en grande partie dans la socialisation de genre. C’est-Ă -dire dans la construction sociale des individus.

    La thĂ©orie du “rĂ´le de genre” de Alice Eagly, explique que les comportements associĂ©s au masculin et au fĂ©minin sont reproduits Ă  travers les gĂ©nĂ©rations. Par exemple, en assignant des rĂ´les de garde d’enfants aux mères, on attend d’elles qu’elles prennent soin de leur entourage et qu’elles adoptent un comportement doux. De plus les enfants reçoivent une Ă©ducation liĂ©e Ă  ces attendus. Les filles sont par exemple Ă©levĂ©es avec l’idĂ©e qu’elles doivent devenir chaleureuse. Elles sont rĂ©compensĂ©es lorsqu’elles adoptent ce comportement et rĂ©primandĂ©es lorsqu’elles ne s’y conforment pas.

    Ă€ cela il faut ajouter le processus d’intĂ©gration des stĂ©rĂ©otypes de genre qui s’effectue durant l’enfance et que nous dĂ©taillons juste en dessous.

    L’intĂ©gration des stĂ©rĂ©otypes

    4 mĂ©canismes psychologiques participent Ă  l’intĂ©gration des stĂ©rĂ©otypes de genre selon L., Rudman et P., Glick :

    • L’auto-stĂ©rĂ©otype : Dès l’enfance, les enfants adoptent les stĂ©rĂ©otypes liĂ©es Ă  la fĂ©minitĂ© ou la masculinitĂ© qu’iels observent dans toutes leurs interactions sociales. Iels s’y conforment ainsi volontairement.
    • La confirmation : Dans un second temps, les individu·es se rendent compte que les autres membres du groupe se conforment Ă©galement Ă  ces comportements genrĂ©s et agissent en fonction des stĂ©rĂ©otypes de genre. Ces comportements sont donc validĂ©s socialement, ils paraissent ainsi complètement valides et justifiĂ©s.
    • La conformitĂ© : Ces comportement sont dĂ©sormais perçus comme des normes. Les membres du groupes vont alors subir une pression plus ou moins directe et consciente pour s’y conformer. Toutes les personnes qui ne rentrent pas dans ces normes de genre vont ĂŞtre sanctionnĂ©es de manière plus ou moins formelle et vont risquer l’exclusion ou des violences. La peur de faire face Ă  ces violences va pousser les personnes qui ne rentrent pas dans ces normes Ă  le dissimuler. La menace du groupe rend donc très difficile la dĂ©nonciation de ces stĂ©rĂ©otypes et de leurs consĂ©quences.
    • La permission : Comme le sexisme et les normes de genre sont perçus comme normales, les individu·es n’ont pas de problème Ă  utiliser les stĂ©rĂ©otypes de genre pour percevoir, analyser et commenter le comportements et l’apparence des autres membres du groupe tout comme les leurs. Le sexisme n’est pas perçu comme un mal et est donc totalement permis.

    Comment le sexisme s’invite au travail ?

    Le travail n’est pas un espace extĂ©rieur Ă  la sociĂ©tĂ© et tous les individu·s qui composent les espaces professionnels ont grandi dans des espaces qui font la part belle aux mĂ©canismes sexistes. Il est donc tout Ă  fait logique qu’iels reproduisent les normes, les stĂ©rĂ©otypes les comportements associĂ©s Ă  leur identitĂ© de genre perçu que ce soit parce qu’iels s’y conforment ou par peur de la sanction sociale. La peur de l’exclusion est d’autant plus forte que c’est un espace dans lequel iels passent une très grande partie de leur temps et oĂą l’exclusion est synonyme de perte de revenu.

    La réalité du sexisme au travail

    Dans le monde du travail, le sexisme prend de nombreuses formes. L’expĂ©rience professionnelle des minoritĂ©s de genre est donc marquĂ© par de multiples obstacles sur lesquels nous allons revenir pour que tu y vois parfaitement clair.

    Les métiers genrés

    Le premier phĂ©nomène massif qu’il est impossible d’ignorer lorsqu’il s’agit de s’attarder sur le sexisme au travail, c’est la rĂ©partition des mĂ©tiers entre les hommes et les femmes. On remarque que conformĂ©ment aux stĂ©rĂ©otypes de genres les femmes sont largement concentrĂ©s dans les mĂ©tiers oĂą le soin, la garde des enfants et les tâches domestiques sont Ă  l’honneur. Voici quelques mĂ©tiers parmi lesquels c’est particulièrement marquant (Insee 2019) :

    • Le mĂ©tier d’esthĂ©ticienne avec 98% de femmes.
    • La profession d’aide Ă  domicile et aide mĂ©nagère avec 95,6% de femmes.
    • Le mĂ©tier de secrĂ©taire avec 95,2% de femmes.
    • La profession d’assistante maternelle et de gardienne d’enfants avec 94,1% de femmes.
    • Le mĂ©tier d’assistante dentaire, mĂ©dicale et vĂ©tĂ©rinaire avec 93,4% de femmes.

    Ces mĂ©tiers ont la particularitĂ© d’ĂŞtre les plus sujets Ă  des temps partiels. En effet, en 2022 78,7 % des temps partiels sont occupĂ©s par des femmes selon l’Insee.

    Au contraire les femmes sont largement minoritaires dans les mĂ©tiers manuels. Par exemple, voilĂ  la part des hommes dans quelques mĂ©tiers :

    • Les maçons qualifiĂ©s : 99,6% d’hommes.
    • Les Ă©lectriciens : 99,2% d’hommes.
    • Les monteurs qualifiĂ©s en agencement et isolation : 99,2% d’hommes.
    • Les ouvriers des travaux publics : 99% d’hommes.
    • Les mĂ©caniciens : 98,1% d’hommes.

    Si on se penche sur les mĂ©tiers les mieux rĂ©munĂ©rĂ©s, les femmes sont Ă©galement largement sous-reprĂ©sentĂ©es. Voici quelques exemples :

    • Chefs d’entreprise de 500 salariĂ©s et plus (14.790€ de salaire moyen en Ă©quivalent temps plein) = 20% de femmes.
    • Cadres d’état-major administratifs, financiers et commerciaux (10.090€) = 29,4% de femmes.
    • Chefs de moyenne entreprise (8950€) = 7,5% de femmes.
    • Officiers et cadres de l’aviation civile (8850€) = 10,6% de femmes.

    Les inégalités salariales

    écart salaire hommes femmes 2022 2026

    Comme le montre cette image produite par l’Insee, on observe trois statistiques distinctes pour apprĂ©hender les inĂ©galitĂ©s salariales entre les hommes et les femmes. Chacune de ces statistiques est intĂ©ressante dans la mesure oĂą elle permet de rĂ©vĂ©ler une facette des inĂ©galitĂ©s de genre dans le monde professionnel.

    L’Ă©cart de 23,5% de revenu salariale annuel permet de comprendre que de manière gĂ©nĂ©rale, les femmes perçoivent moins de revenus que les hommes. Cela met notamment en Ă©vidence la surreprĂ©sentation des femmes dans les mĂ©tiers Ă  temps partiels. Cette surreprĂ©sentation est en partie dĂ» Ă  la difficultĂ© pour beaucoup de femmes Ă  trouver un emploi Ă  temps plein (cause de 25,4% des temps partiels fĂ©minins). Mais Ă©galement Ă  la charge sociale de l’Ă©ducation et du soin qui repose largement majoritairement sur les femmes (cause de 28,7% des temps partiels fĂ©minins contre 7,2% des temps partiels masculins).

    L’Ă©cart de revenu de 14,9% Ă  temps de travail identique permet de comprendre que les femmes sont concentrĂ©es sur des mĂ©tiers moins bien payĂ©s que les hommes. Et donc que les mĂ©tiers auquel sont associĂ©es des caractĂ©ristiques fĂ©minines sont moins bien valorisĂ©s financièrement que les mĂ©tiers auxquels sont associĂ©s des caractĂ©ristiques masculines.

    L’Ă©cart de revenu de 4% Ă  poste et temps de travail similaire dĂ©montre lui que mĂŞme Ă  situation comparable, l’Ă©cart de revenu persiste. On peut expliquer cette rĂ©alitĂ© par la plus faible perception des qualitĂ©s professionnelles des femmes par les employeur·euses.

    Les violences sexistes au travail

    Le sexisme au travail se traduit également par des violences. Le plus souvent, elles sont quotidiennes et insidieuses. Mais ces violences du quotidien créent un terreau fertile pour des formes de violences plus spectaculaires.

    Les violences banalisées

    Les violences banalisĂ©es peuvent ĂŞtre divisĂ©es en 5 catĂ©gories :

    • Les remarques essentialistes : Ce sont toutes les remarques qui assimilent une femme (ou toutes les femmes) Ă  des caractĂ©ristiques supposĂ©ment fĂ©minines. Elles peuvent Ă©galement expliquer le comportement d’une femme sur des critères prĂ©tendument biologique (ex : “c’est normal qu’elle est Ă©nervĂ©e, elle a ses règles”). Ces remarques perpĂ©tuent les normes et les stĂ©rĂ©otypes de genre.
    • Les commentaires sexistes : Ce sont les remarques qui sont faites Ă  des femmes parce qu’elles sont des femmes / qu’on ne ferait pas Ă  des hommes. On parle Ă©galement de doubles standards. (ex : demander Ă  une femme si elle compte avoir des enfants Ă  un entretien d’embauche).
    • Les commentaires dĂ©gradants : Les commentaires dĂ©gradants sont les commentaires qui se portent sur l’apparence d’une personne en lien avec son genre. (ex : parler du poids d’une femme, ou commenter sa manière de s’habiller supposĂ©ment “provocatrice”).
    • Les gestes dĂ©gradants : Ce sont des gestes et comportement non-verbaux sexistes et sexuels (ex : siffler une femme ou mimer une relation sexuelle).
    • Les propositions sexuelles.

    Le point commun de ces comportements c’est qu’ils ne sont pas forcĂ©ment perçus comme des violences. Parfois comme de la lourdeur, parfois comme des blagues, parfois comme des points de vue. Pourtant, en plus d’ĂŞtre douloureux pour les victimes, ils maintiennent un climat sexiste au sein de l’entreprise et ancrent les stĂ©rĂ©otypes de genre dans les pratiques et les esprits.

    Si tu veux retrouver des exemples concrets de violences sexistes banalisĂ©es tirĂ©es de faits rĂ©els, tu peux en retrouver sur notre article : 13 exemples d’agissements sexistes au travail.

    Selon le baromètre #StOpE de l’AFMD (Association Française des Managers de la DiversitĂ©) :

    • 79% des femmes vivent rĂ©gulièrement des attitudes et dĂ©cisions sexistes au travail.
    • 75% des femmes ont dĂ©jĂ  entendues des blagues sexistes au travail.
    • 60% des femmes ont Ă©tĂ© tĂ©moin de propos dĂ©gradants se basant sur des stĂ©rĂ©otypes de la fĂ©minitĂ©.
    • 70% des femmes ont Ă©tĂ© tĂ©moin de remarques sexistes concernant des femmes managers.

    Le phénomène de banalisation des violences sexistes

    Le sexisme au travail lorsqu’il est banalisĂ© implique des risques de violences encore plus graves. En effet, cela créé un climat sexiste dans l’entreprise, qui peut avoir pour effet de crĂ©er un sentiment d’impunitĂ© pour les auteurs de violences. Ils peuvent alors se permettent de passer toujours un pallier supplĂ©mentaire dans la violence.

    Le phĂ©nomène est mĂŞme massif. Selon l’Observatoire EuropĂ©en du sexisme et du harcèlement au travail, 30% des femmes ont dĂ©jĂ  vĂ©cu du harcèlement sexuel ou une agression sexuelle au travail selon le sens juridique du terme (voir plus bas).

    Si ça t’intĂ©resse, tu peux recevoir notre affiche format A3 de la pyramide des violences sexistes et sexuelles pour sensibiliser tes collègues Ă  la lutte contre la banalisation du sexisme au travail.

    Recois la pyramide des VSS (format affiche)

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    Sexisme au travail : toutes les statistiques

    Pour retrouver toutes les statistiques sur le sexisme en France, je te conseille notre article sur le sujet qui fait le tour de la question : Victime de sexisme – Toutes les statistiques 2025.

    Sexisme au travail : que dit la loi ?

    Le code du travail rĂ©glemente le sexisme au travail de diffĂ©rentes manières. Dans cette partie tu trouveras toutes les infos (dĂ©finitions, sanctions, obligations) sur la lĂ©gislation du sexisme au travail. Pour un article plus dĂ©taillĂ© concernant toutes dispositions du code du travail sur le sexisme au travail, tu peux aller directement sur celui-ci : ÉgalitĂ© professionelle code du travail : guide 2025.

    Discrimination

    Définition

    La discrimination directe est dĂ©fini comme : “la situation dans laquelle, sur le fondement [d’un critère de discrimination] une personne est traitĂ©e de manière moins favorable qu’une autre ne l’est, ne l’a Ă©tĂ© ou ne l’aura Ă©tĂ© dans une situation comparable.”

    Il existe 26 critères de discrimination dont 4 sont liĂ©s au sexisme :

    • le sexe
    • l’apparence physique
    • l’identitĂ© de genre
    • la situation de famille

    La discrimination s’applique dans les situations suivantes :

    • Ă€ refuser la fourniture d’un bien ou d’un service.
    • Ă€ entraver l’exercice normal d’une activitĂ© Ă©conomique quelconque.
    • Ă€ refuser d’embaucher, Ă  sanctionner ou Ă  licencier une personne.
    • Ă€ subordonner la fourniture d’un bien ou d’un service Ă  une condition.
    • Ă€ subordonner une offre d’emploi, une demande de stage ou une pĂ©riode de formation en entreprise Ă  une condition.
    • Ă€ refuser d’accepter une personne Ă  l’un des stages visĂ©s par le 2° de l’article L. 412-8 du code de la sĂ©curitĂ© sociale.

    Sanction

    L’auteur des faits risque une peine pouvant aller jusqu’Ă  3 ans de prison et 45 000 â‚¬ d’amende.

    Agissement sexiste

    Définition

    Le code du travail dĂ©finit les agissements sexistes comme : “tout agissement liĂ© au sexe d’une personne, ayant pour objet ou pour effet de porter atteinte Ă  sa dignitĂ© ou de crĂ©er un environnement intimidant, hostile, dĂ©gradant, humiliant ou offensant.”.

    Sanction

    Si la procĂ©dure est effectuĂ© au sein de l’entreprise, le collaborateur coupable risque toutes les sanctions en lien avec les fautes graves, Ă  savoir :

    • Un avertissement du salariĂ©.
    • Un blâme au travail.
    • Une mise Ă  pied disciplinaire.
    • Une mutation disciplinaire.
    • Une rĂ©trogradation disciplinaire.
    • Un licenciement disciplinaire pour faute grave.

    Si la procĂ©dure a Ă©tĂ© effectuĂ© via un tribunal judiciaire, l’auteur risque :

    • Un amende de catĂ©gorie 5, soit de 1500€.
    • Un stage de lutte contre le sexisme et de sensibilisation Ă  l’égalitĂ© entre les femmes et les hommes.
    • Un travail d’intĂ©rĂŞt gĂ©nĂ©ral pour une durĂ©e de vingt Ă  cent vingt heures.

    Si l’outrage sexiste est aggravĂ©, le montant de l’amende passe Ă  3750€.

    Pour retrouver toutes les infos en dĂ©tail sur les sanctions en lien avec les agissements sexistes au travail, retrouve l’article Propos sexiste au travail : sanction encourue.

    Harcèlement sexuel

    Définition

    Le harcèlement sexuel se caractĂ©rise par : “des propos ou comportements Ă  connotation sexuelle ou sexiste rĂ©pĂ©tĂ©s qui soit portent atteinte Ă  sa dignitĂ© en raison de leur caractère dĂ©gradant ou humiliant, soit crĂ©ent Ă  son encontre une situation intimidante, hostile ou offensante.”

    On parle Ă©galement de harcèlement sexuel dès la première occurrence quand une pression grave est exercĂ©e sur la victime. Comme le conditionnement d’une promotion Ă  un acte sexuel.

    Il est également qualifié de harcèlement sexuel une situation où plusieurs personnes commettent un agissement sur une seule victime. Tous les coupables sont donc considérés comme des auteurs de harcèlement sexuel.

    Sanction

    La sanction pour harcèlement sexuel est de 2 ans d’emprisonnement et de 30 000€ d’amende.

    Autres violences sexistes et sexuelles

    La loi identifie deux autres types de violences sexuelles :

    – Les agressions sexuelles sont : “toute atteinte sexuelle commise avec violence, contrainte, menace ou surprise ou, dans les cas prĂ©vus par la loi, commise sur un mineur par un majeur.”. Elles sont sanctionnĂ©es au maximum par 5 ans d’emprisonnement et 75000€ d’amendes.

    – Les viols qui sont dĂ©finis comme : “tout acte de pĂ©nĂ©tration sexuelle, de quelque nature qu’il soit, ou tout acte bucco-gĂ©nital commis sur la personne d’autrui ou sur la personne de l’auteur par violence, contrainte, menace ou surprise.”. Ils sont sanctionnĂ©s par 15 ans de rĂ©clusion criminelle.

    Index égalité

    Pour lutter contre le sexisme au travail, le code du travail ne prĂ©voit pas uniquement des sanctions contre des individus auteurs de violences. Les lĂ©gislateurs ont imposĂ© aux entreprises d’Ă©valuer leur niveau d’inclusion des femmes Ă  travers un index Ă©galitĂ© professionnelle. Les entreprises de plus de 50 salariĂ©s sont mĂŞme dans l’obligation de dĂ©clarer leur index annuellement au ministère du travail et de le prĂ©senter Ă  leur CSE.

    Cet index comporte 5 critères :

    • L’Ă©cart de rĂ©munĂ©ration femmes / hommes,
    • L’Ă©cart de rĂ©partition des augmentations individuelles,
    • Le nombre de salariĂ©es augmentĂ©es Ă  leur retour de congĂ© maternitĂ©,
    • La paritĂ© parmi les 10 plus hautes rĂ©munĂ©rations,
    • L’Ă©cart de rĂ©partition des promotions (seulement pour les entreprises de plus de 250 salariĂ©s).
    Icône index égalité pro contre le sexisme au travail

    Dans le cas oĂą l’index d’une entreprise de 50 salariĂ©s et plus est de moins de 85, elle doit communiquer ses objectifs de progression sur les critères qui n’ont pas une note de 100.

    Dans le cas où une entreprise de plus de 50 salariés a un index de 75 ou moins, elle doit publier ses mesures correctives pour rattraper la situation.

    Si les entreprises ne respectent pas ces obligations, elles peuvent recevoir une sanction financière à hauteur de 1% de leur masse salariale.

    Obligation de prévention

    Les employeur·euses sont responsables d’assurer la sĂ©curitĂ© et de protĂ©ger la santĂ© physique et mentale de ses salarié·es.

    L’employeur·euse est donc dans l’obligation de tout mettre en Ĺ“uvre pour prĂ©venir, traiter et sanctionner les agissements sexistes et le harcèlement sexuel.

    Parmi les actions qu’ils sont obligĂ© de mettre Ĺ“uvre, en voici quelques unes :

    • Nommer un·rĂ©fĂ©rent·e harcèlement sexuel dans les entreprises de +250 salarié·es.
    • Informer les salariĂ©s de la loi concernant le harcèlement sexuel, notamment via des affichages.
    • Mettre en place annuellement des nĂ©gociations concernant l’Ă©galitĂ© salariale avec le CSE et aboutir Ă  des accords pour les entreprises de +50 salarié·es).
    • Former Ă  la non-discrimination les employé·es chargĂ©es du recrutement pour les entreprises de 300+ salarié·es et celles spĂ©cialisĂ©es dans le recrutement.

    Prévenir le sexisme au travail

    On l’a vu, l’ampleur du sexisme au travail est immense. Il prend des formes multiples qui toutes ont pour consĂ©quences de crĂ©er des obstacles pour les femmes autant dans la sociĂ©tĂ© que dans leurs espaces professionnels. En tant qu’employeur·euse, au-delĂ  des obligations lĂ©gales, il est donc de votre responsabilitĂ© de crĂ©er un environnement dans lequel aucun comportement sexiste et aucune inĂ©galitĂ© n’a sa place.

    Pour t’aider dans ta dĂ©marche, on va dĂ©sormais se pencher sur les actions que tu peux mener pour Ă©viter que le sexisme au travail ne s’invite dans ta structure.

    Impliquer tout le monde

    Avant toute chose, il est nĂ©cessaire de rĂ©ussir Ă  impliquer l’ensemble des collaborateur·ices dans la lutte contre le sexisme au travail. Car sans implication, aucune action n’aura de l’impact.

    Et comme le plus souvent les plus difficiles Ă  impliquer sur la question du sexisme au travail ce sont les hommes, on t’a prĂ©parĂ© un guide en 5 Ă©tapes pour impliquer les hommes contre le sexisme au travail sans les brusquer. Pour le recevoir, tu peux remplir cliquer sur le bouton juste en dessous :

    Télécharge gratuitement le guide pour responsabiliser les hommes

    Le diagnostic et les objectifs

    Il est très difficile de prĂ©venir et de rĂ©duire le sexisme au travail dans une entreprise si vous ne l’Ă©valuez pas. Il est donc nĂ©cessaire de diagnostiquer rĂ©gulièrement votre entreprise pour identifier les problĂ©matiques les plus prĂ©gnantes mais Ă©galement pour savoir si elles se rĂ©duisent grâce Ă  vos actions.

    Pour ce faire, on te conseille de t’appuyer sur les outils qu’on prĂ©sente dans notre article sur les indicateurs pour mesurer le sexisme au travail.

    L’idĂ©al est de diagnostiquer son entreprise sur le sexisme au travail au moins une fois par an en se basant sur des critères variĂ©es. En effet, il faut prendre en compte les enjeux de salaires, de temps partiels, de promotion/d’augmentation, de communication, de violences sexistes et sexuelles. de mĂ©tiers genrĂ©s ou encore de part des minoritĂ©s de genre dans les postes de responsables.

    Moyens et objectifs

    Une fois que tu as diagnostiqué ta structure, il faut se fixer un cap pour améliorer la situation. Pour y arriver, il faut définir des objectifs et de se donner les moyens de les atteindre.

    • Les objectifs que tu te fixes doivent ĂŞtre atteignables, mesurables et inscrits dans une durĂ©e.
    • Concernant les moyens Ă  disposition, il est impĂ©ratif de se fixer un budget (pour ĂŞtre accompagnĂ©e par des expert·es et dĂ©ployer des actions Ă  la hauteur des besoins) mais Ă©galement d’avoir une Ă©quipe de rĂ©fĂ©rent·es qui portent ces actions durant leur temps de travail.

    La formation

    La formation, c’est une action indispensable pour prĂ©venir le sexisme au travail. En plus de mobiliser tes Ă©quipes contre ce problème, cela leur permet Ă©galement de :

    • Comprendre les mĂ©canismes du sexisme au travail.
    • ConnaĂ®tre et adopter la bonne posture pour Ă©viter le sexisme au travail.
    • Savoir rĂ©agir en cas de violence sexiste et ĂŞtre outillé·e pour accompagner les victimes de violence sexiste au travail.
    • DĂ©terminer les actions de prĂ©vention des violences sexistes Ă  mettre en place dans sa structure.

    La bonne nouvelle, c’est que la formation pour prĂ©venir le sexisme, c’est notre spĂ©cialitĂ©. Si tu es intĂ©ressé·e, tu peux retrouver toutes les informations pour en organiser ou y participer ici : Formation VSS.

    Notre conseil c’est de former l’intĂ©gralitĂ© de ses salarié·es mais Ă©galement d’insister sur des formats spĂ©ciaux pour les salarié·es qui ont des responsabilitĂ©s (directions, membres du CSE, RH, managers…) ou qui sont en contact avec du public (assistant·es sociaux, intervenant·es extĂ©rieurs, agent·es d’accueils…).

    La sensibilisation

    En plus de la formation, tu peux mettre en place diffĂ©rentes actions de sensibilisation afin d’une part de rappeler l’implication de l’organisation dans la lutte contre le sexisme au travail mais Ă©galement pour insister sur des problĂ©matiques particulières qui sont prĂ©sentes dans ta structure.

    Parmi les actions de sensibilisation, tu peux mettre en place :

    • Des ateliers,
    • De l’affichage,
    • Des jeux,
    • Des quiz,
    • Des diffusions de vidĂ©os,
    • Utiliser des applications tĂ©lĂ©phoniques.

    Réagir face au sexisme au travail

    Bien sĂ»r il est prĂ©fĂ©rable de prĂ©venir le sexisme au travail. Malheureusement, le risque zĂ©ro n’existe pas et mĂŞme si ton entreprise fait tout parfaitement, il est possible d’ĂŞtre confronté·es Ă  des violences. On a Ă©crit plein d’articles qui rĂ©capitulent les enjeux pour rĂ©ussir Ă  faire face Ă  ces situations. On te partage tout ça !

    Réagir face aux VSS

    Pour rĂ©agir face au sexisme au travail en entreprise, on a Ă©crit un article qui recense toutes les bonnes pratiques, tu peux le retrouver juste içi : Violences sexuelles au travail – que faire ?

    Accompagner une victime de VSS

    De la mĂŞme manière, j’ai rĂ©digĂ© un article sur l’accompagnement des victimes de VSS que tu peux retrouver juste lĂ  : Victime de VSS : que faire et comment accompagner ?

    Mettre en place un plan d’action face au sexisme au travail

    Dernier renvoi vers un article mais pas des moindres, si la conception d’un plan d’action pour faire face au sexisme au travail t’intĂ©resse, rendez-vous sur le lien : Comment concevoir un plan d’action contre le sexisme au travail.

    Les ressources pour l’employeur·euse

    Pour finir le guide 2025 sur le sexisme au travail, on te partage quelques ressources prĂ©cieuses pour l’employeur·euse et les salarié·es toujours dans l’optique de t’aider au mieux Ă  prĂ©venir et rĂ©agir face au sexisme au travail.

    L’E-gali Hebdo : C’est une newsletter Ă  destination des salarié·es et des employeurs qui partage chaque semaine 1 article, 1 ressource, 1 Ă©vĂ©nement, 1 actualitĂ© et 1 recommandation sur le sexisme au travail. Un outil pratique pour se tenir informé·e sans passer des heures Ă  chercher les bonnes informations. Pour t’inscrire c’est juste ici : Je m’inscris Ă  l’E-gali Hebdo.

    L’AFMD : L’Association Française des Managers de la DiversitĂ© est un rĂ©seau qui rĂ©unit 180 organisations qui ont Ă  cĹ“ur de lutter contre la discrimination en milieu professionnel. Iels organisent des Ă©vĂ©nements, produisent des guides et des baromètres afin d’aider les entreprises.

    Fiche outil de l’ANACT : Un ensemble de fiches pratiques et d’outils pour prĂ©venir le sexisme au travail.

    Kit pour agir contre le sexisme du Conseil supĂ©rieur de l’Ă©galitĂ© professionnelle : Le kit comporte des fiches juridiques et des leviers d’actions Ă  dĂ©ployer dans sa structure.

    Les ressources pour l’employé·e

    La boĂ®te Ă  outil de l’AVFT : Comme son nom l’indique, l’Association europĂ©enne contre les Violences faites aux Femmes au Travail est impliquĂ© dans l’accompagnement des victimes du sexisme au travail. En plus d’avoir une ligne tĂ©lĂ©phonique pour toutes tes questions, iels partagent une boĂ®te Ă  outil dans laquelle on retrouve des guides, des modèles de lettres et des dossiers de demande d’aide.

    Le guide combattre les violences sexuelles de la CGT : Un guide avec beaucoup (vraiment beaucoup) de ressources pour comprendre et combattre le sexisme au travail.

    Association « En avant toute(s) Â» : L’association En avant toute(s) anime un chat pour accompagner les victimes de VSS.

    Le répertoire des dispositifs d’accompagnement par département de Nous Toutes : Un répertoire avec toutes les organisations répertoriées qui accompagnent les victimes de sexisme dans toute la France.